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09 Dec 2021

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Générale

Cameroun: Le Pays Déchiré Par Le Conflit En Zone Anglophone 

Cameroun: Le Pays Déchiré Par Le Conflit En Zone Anglophone

RFI

Depuis près de quatre ans, le Cameroun est déchiré par un conflit en zone anglophone. À l’origine, la minorité anglophone revendiquait plus de considération de la part des autorités centrales francophones, mais la répression du gouvernement a rapidement engendré un cycle de violences.

Et dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest, les affrontements entre des groupes armés indépendantistes et les forces de l’ordre au Cameroun ont fait plus de 3 000 morts et 700 000 déplacés.

Aujourd’hui, les incompréhensions demeurent. Et pour ceux qui ont tout perdu et fui leur domicile, la paix semble encore lointaine. Reportage dans un camp de déplacés internes en périphérie de Douala, la capitale économique du pays.

Dans un dédale de passerelles étroites au dessus d’un marécage se dressent des cabanes de bois rudimentaires. C’est le camp de déplacés internes de Bonabome. Marisime Foka y a trouvé refuge, il y a deux ans et demi, avec 14 enfants. Sans emploi, sans argent pour aller à l’école, ils survivent grâce à l’aide d’ONG : « Les jeunes que vous voyez là, ce ne sont pas mes enfants. Quand on a fui, tous les enfants que je pouvais aider, je les ai aidés. Et on a continué ensemble. Leur parents sont soit morts soit ont fui dans une autre direction. »

Il a lui même perdu la trace de sa femme : « Les militaires tiraient dans tous les sens. Ils se fichaient de savoir si les balles atteignaient les gens qu’ils cherchaient ou quelqu’un d’autre. Les gens mouraient partout. Ma femme, je ne sais pas si elle est en vie ou non. On s’est échappé chacun de notre côté, je n’ai plus jamais eu de nouvelles d’elle. »

Dans une cabane à quelques dizaines de mètres, Kerin Ngwa a elle aussi fui les violences. Aujourd’hui, elle est l’une des responsables du camp : « Si la crise prenait fin, nous pourrions rentrer chez nous. Mais je ne suis même pas sûre que cela puisse prendre fin un jour. Les choses sont allées si loin… Je pense que le Cameroun va finir par se scinder. Quand j’étais jeune, le Cameroun était un et indivisible, mais aujourd’hui les choses ont changé et sont allées très, très loin. »

Dernier espoir pour elle comme pour de nombreux anglophones : un cessez-le-feu et l’ouverture d’un dialogue entre les autorités centrales et les sécessionnistes. Mais le gouvernement est contre, comme en témoigne le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji : « Cessez-le-feu est un mot qui ne peut pas s’appliquer dans le contexte camerounais. Le cessez-le-feu marche dans un pays qui n’a pas les moyens de sa propre défense. Le chef de l’État a demandé aux terroristes de déposer les armes : si vous déposez les armes, vous allez dans les centres de désarmement. Vous êtes réhabilités.” »

Selon lui plus de 600 insurgés auraient déjà déposés les armes ces six derniers mois. Pas question donc de changer de politique.

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