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Cameroun: Les violences persistent dans la zone anglophone 

DW

L’attaque dans laquelle 7 élèves ont été tués à Kumba a été attribuée à des combattants sécessionnistes qui ont durci leur lutte contre le pouvoir de Yaoundé.

Le Cameroun est toujours sous le choc après l’attaque dans laquelle 7 élèves ont été tués samedi dernier (24.10) à Kumba, dans le sud-ouest du pays. La tuerie a été attribuée à des combattants sécessionnistes qui ont durci leur lutte contre le pouvoir de Yaoundé en commettant régulièrement des exactions depuis fin 2016 dans les deux régions anglophones du pays. Ils exigent l’indépendance de cette partie du territoire.

En effet, les groupes séparatistes attaquent régulièrement l’armée camerounaise et tuent des civils dans ces deux régions anglophones du Cameroun.

Le boycott des écoles était devenu aussi une des stratégies de ces combattants.

Ceux-ci affirment que la minorité anglophone est marginalisée par la majorité francophone du pays, d’où la montée crescendo des actes de violence. Selon Joseph Léa Ngoula, politologue et spécialiste des questions sécuritaires, « la milice séparatiste s’est fragmentée. Le lien de tutelle qui la liait par exemple aux membres de la diaspora s’est progressivement rompu. Et donc, on a une pléthore de groupes armés qui essaiment sur le terrain et qui sont autonomes financièrement. Ils ont tout une autre économie de guerre pour se financer et ils peuvent effectivement s’adonner à des atrocités. Ce sont des jeunes qui ne connaissent pas les règles qui régissent par exemple la guerre. »

Dialogue

Pour trouver une solution pacifique à cette crise politique et sécuritaire, le Commonwealth (l’organisation intergouvernementale composée de 54 États membres qui sont presque tous d’anciens territoires de l’Empire britannique) encourage régulièrement le gouvernement camerounais à privilégier le dialogue.

Mais l’historien Joseph Owona Ntsama indique que la solution passe d’abord par les Camerounais.

« Partout, où la communauté internationale a eu à intervenir, on s’enlise davantage, c’est-à-dire qu’on n’a pas de solutions. Je crois que les gens sont de plus en plus conscients du fait qu’il faut qu’ils prennent eux-mêmes leurs propres problèmes à bras le corps. Je parle du Cameroun. Je pense qu’on est capables et la communauté internationale devrait peut-être assurer son rôle de supervision », soutient l’universitaire.

Sous la pression de la communauté internationale, Yaoundé a organisé en septembre et octobre 2019, un « Grand dialogue national » qui a entre autres proposé la décentralisation poussée, avec un statut spécial pour les régions anglophones.

Des recommandations restées lettre morte, déplore Joseph Léa Ngoula.

« Le ‘Grand dialogue national’ qui aurait pu par exemple être une belle occasion pour poser sur la table les véritables problèmes des anglophones, traiter en profondeur les revendications qui sont protées par cette communauté linguistique, a finalement tourné court. C’est malheureusement un processus qui n’a pas non plus eu l’assentiment de la milice séparatiste qui poursuit les actions violentes sur le terrain. »

En juin 2019, avec le soutien du gouvernement suisse, le Centre pour le dialogue humanitaire avait tenté de réunir les leaders sécessionnistes et les autorités camerounaises. Sans succès.



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