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L’Allemagne sollicitée pour résoudre la crise au Cameroun 

DW

Face à l’aggravation de la situation, la communauté internationale reste silencieuse, à l’exception des Etats-Unis. Mais l’Allemagne pourrait aussi jouer un rôle de médiateur estiment des ONG.

Depuis quatre ans, cette crise a provoqué la mort de plus de 3.000 personnes et récemment, l’horreur a atteint un nouveau stade avec l’attaque de deux écoles qui ont provoqué la mort de sept enfants.

Le gouvernement allemand devrait profiter de sa présidence de l’Union européenne et du fait qu’elle est membre non-permanente du Conseil de Sécurité de l’Onu pour faire avancer le processus de la paix au Cameroun, ont récemment souligné deux organisations humanitaires en Allemagne.

Les limites de la neutralité allemande

En tant qu’ancienne puissance coloniale jusqu’en 1919, l’Allemagne se présente avec une responsabilité historique, comme l’explique Andreas Mehler, le directeur de l’institut Arnold Bergstraesser et spécialiste de la politique du développement.

« L’Allemagne est évidemment l’ancien colonisateur, elle a probablement toujours une certaine responsabilité historique si on considère que le passé colonial allemand n’était pas exempt de répression. Le mandat français de la Société des Nations est dans la mémoire de beaucoup mais déjà avant, les autorités allemandes n’étaient pas des anges « , selon Andreas Mehler.

Cependant, la politique allemande semble éviter trop d’ingérence directe au Cameroun. Ni le ministre des Affaires étrangères, ni la chancelière n’ont visité le pays. Le dernier voyage diplomatique d’un chef du gouvernement allemand au Cameroun est celui de Helmut Kohl en 1987.

Par ailleurs, pour qu’une médiation allemande soit possible, il faudrait aussi que Berlin discute avec la France, estime le député du Bundestag et spécialiste de la prévention civile des crises, Ottmar von Holtz.

« Je pense qu’il sera nécessaire que le gouvernement allemand intensifie ses efforts pour forcer la France à approuver des initiatives internationales pour le Cameroun », a estimé Ottmar von Holtz.

Pression sur les autorités camerounaises

Pour qu’une initiative diplomatique soit efficace, il faudra que le gouvernement camerounais de Paul Biya soit coopératif. Ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent, rappelle Ulrich Delius, directeur de l’Organisation humanitaire Société pour les peuples menacés.

« Je crois que là, il faudra essayer de faire plus de pression sur le gouvernement du Cameroun, afin qu’il accepte finalement qu’il y a un grand conflit à l’intérieur du pays qui doit être résolu d’une façon paisible. Il faut chercher une solution politique, il n’y a pas de solution militaire », a déclaré Ulrich Delius.

La Suisse a aussi tenté dans un passé récent de jouer un rôle de médiateur dans la résolution du conflit séparatiste au Cameroun mais sans grand succès.

Pour Andreas Mehler, cela montre qu’une action diplomatique doit reposer sur une approche multilatérale : « Je crois qu’un effort conjoint des partenaires bilatéraux comme l’Allemagne, mais pas exclusivement l’Allemagne, dans un cadre multilatéral avec l’Union Africaine comme acteur principal serait très bien venu ».

Les Etats-Unis jouent également depuis le début de la crise un rôle important puisqu’ils n’ont cessé de maintenir le régime de Paul Biya sous pression. Sans résultat pour l’instant.



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